La CSC

Début de la 105ème Conférence internationale du Travail

La 105ème session de la Conférence internationale du Travail débute aujourd’hui à l’OIT à Genève. Cette conférence se déroule du 30 mai au 10 juin (http://www.ilo.org/ilc/ILCSessions/105/lang--en/index.html). L’essentiel du travail est réalisé au sein de quatre commissions. On y discute des chaînes d’approvisionnement internationales, d’une mondialisation plus juste, de la reconstruction économique et des réfugiés. Elles examinent également les violations des normes internationales du travail. La conférence se tient du 30 mai au 10 juin.
 
Les chaînes d’approvisionnement mondiales sur la sellette ? 
 
Trois ans après l’effroyable effondrement de l’usine de Rana Plaza (Bangladesh, 24 avril 2013) et après de nombreuses manœuvres d’évitement, il est prévu d’organiser lors de la conférence une discussion générale  sur le renforcement du rôle de l’OIT à l’égard des chaînes d’approvisionnement mondiales et la responsabilité que celles-ci pourraient assurer. C’est ce dossier qui focalisera principalement l’attention au cours de cette conférence. Bart Vannetelbosch, secrétaire national de la CSC-Alimentation & Services, représentera la CSC au sein de cette commission, en étroite collaboration avec un deux membre de l’équipe de Solidarité mondiale: Bart Verstraeten (secrétaire politique) et Sara Ceustermans (coordinatrice Vêtements propres).
 
De la guerre à la paix, de la fuite à la sécurité
 
La recommandation n°71 de l’OIT porte sur l’emploi lors de la phase de transition entre une période de guerre et de paix. Elle comporte des directives relatives à la reconstruction économique et au redressement de l’emploi, ainsi qu’à la migration. Les tsunamis de 2004 et du Japon par la suite ont suscité un nouveau débat sur le rôle de l’OIT par rapport à d’autres types de catastrophes, avec un autre type de réfugiés, notamment les réfugiés climatiques. Ainsi est née l’idée d’une révision de la recommandation n°71. Ce remaniement aura lieu lors de cette Conférence. Dans l’intervalle, les crises migratoires se sont multipliées, ce qui souligne encore la nécessité de cette révision.
La révision d’une recommandation s’opère en deux étapes: une première lecture cette année et une deuxième lecture l’an prochain. Stijn Sintubin, Chef du service Relations internationales, y représentera la CSC. 
 
Globalisation et justice sociale
 
Avec l’apparition de nouveaux pays émergents et la globalisation après la chute du mur de Berlin, la question de la dimension sociale de la globalisation s’est posée avec de plus en plus d’intensité. 
C’est dans ce cadre que l’OIT a adopté la Déclaration sur la justice sociale lors de la Conférence de juin 2008 (http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/mission-and-objectives/WCMS_099766/lang--en/index.html ). La Conférence a alors pris l’habitude d’organiser chaque année une commission spécifique chargée d’examiner un des objectifs stratégiques: l’emploi, la protection sociale, les normes de travail fondamentales et le dialogue social. C’est ce que l’on appelle dans le jargon technique la “discussion sur la question récurrente”.  Elle a pour but de dresser le bilan huit ans après l’adoption de la déclaration sur la justice sociale, afin de définir éventuellement de nouvelles orientations. 
Chris Serroyen, chef du Service d’études de la CSC, représentera la CSC au sein de cette commission.
 
Commission de l’application des normes 
 
Hormis quelques comités techniques, la Conférence n’a qu’une seule commission permanente: celle de l’application des normes, sorte de tribunal international qui condamne les violations des normes internationales du travail. En 2012, cette Commission a traversé une grave crise provoquée par les employeurs; contre toute attente, ils contestaient le rôle de l’OIT en tant que garante internationale du droit de grève des travailleurs. 
Cette crise a finalement pu être enrayée après un important travail de lobbying, de sorte que, l’an dernier, la Commission s’est réunie dans un climat apaisé. Nous espérons que cette tendance se poursuivra cette année. Vingt-quatre pays seront à nouveau sur la sellette en raison de graves violations des droits des travailleurs. Cette liste de pays ne sera officialisée que mardi.Cette Commission débutera cependant ses travaux par une discussion générale (general survey) sur l’application des conventions de l’OIT relatives aux droits des migrants (Conventions n°97 et n°143).  Marc Leemans, Président de la CSC, sera à nouveau le porte-parole du groupe mondial des travailleurs au sein de cette Commission. Il sera appuyé dans cette tâche par Véronique Rousseau (Service Relations internationales), Jean-Benoît Maisin (Service d’études de la CSC) et Alexis Fellahi (Service d’études de la CSC Alimentation & Services).
 
Enfin, lors de la réunion préparatoire, Luc Cortebeeck, président d’honneur de la CSC, a une nouvelle fois été élu porte-parole général des travailleurs pour l’ensemble de la Conférence.