La CSC

Pensions : lettre ouverte aux députées et ministres femmes

Bruxelles, le 16 mars 2016
A l’attention des ministres Maggie De Block, Marie-Christine Marghem, Jacqueline Galant, Sophie Wilmès,  Elke Sleurs et de l’ensemble des députées de la Chambre des représentants.

Mesdames les ministres,
Mesdames les députées,

Cela fait plus d’un an et demi que les organisations syndicales sont mobilisées pour dénoncer les effets de la politique du gouvernement fédéral. Si nous vous écrivons aujourd’hui, c’est pour vous informer de notre vive inquiétude concernant le sort qui sera réservé aux futur(e)s pensionné(e)s à la suite des réformes que le ministre des Pensions souhaite mettre en œuvre.

Après avoir relevé l’âge de la pension à 67 ans, le ministre des Pensions s’est répandu récemment dans la presse en faisant état de trois nouvelles initiatives qu’il juge « pleines de bons sens  » mais en réalité douloureuses pour nombre de futur(e)s pensionné(e)s et principalement les femmes.

Premièrement le ministre veut réviser la pondération de certaines périodes d’assimilation en donnant plus de poids aux périodes de travail par rapport aux périodes de chômage et de prépension. Aujourd’hui, les périodes de maladie, de chômage, de RCC sont en effet quasi intégralement prises en compte pour le calcul de la carrière et le montant de la pension. Ces mesures occasionneraient des dégâts sociaux considérables notamment chez les personnes bénéficiant des pensions les plus basses, essentiellement des femmes.

Deuxièmement, le ministre s’en prend au relèvement du plafond maximal pour le calcul de la pension.
Ce relèvement est une mesure positive qui est censée améliorer le taux de  remplacement de certains pensionnés (nécessaire pour conserver le principe d’assurance dans le régime des pensions). Toutefois il est inacceptable que cette opération, considérée par le ministre comme neutre sur le plan budgétaire, soit mise en œuvre  en procédant à des coupes sombres dans les périodes assimilées et dans les pensions minimums.

Troisièmement, le ministre propose l’octroi d’une pension minimum aux personnes qui ont travaillé 20 ans de manière « effective », c’est-à-dire sans période de chômage ou autres risque sociaux.  Or, de nombreuses femmes ont des carrières atypiques ou courtes. Le ministre souhaite en outre que les adaptations au bien-être soient, à l’avenir, axées sur les pensions minimums comptant 45 ans de carrière, ce qui exclurait 90 % des femmes de toute nouvelle amélioration.
Mesdames les ministres, mesdames les députées, la réforme des pensions voulue par le ministre Bacquelaine est un trompe- l’œil.  Sous couvert d’équité, cette réforme discrimine les travailleurs et travailleuses les plus fragiles de notre société. En lieu et place de la solidarité qui unit tous les travailleurs avec ou sans emploi, elle les divise en catégories distinctes.

Nous souhaitons vous faire part oralement de nos inquiétudes quant à l’avenir des pensions. C’est pourquoi, nous vous invitons à nous rejoindre à la Brasserie de la Madeleine (53 rue de la Madeleine à 1000 Bruxelles) ce jeudi 17 mars de 11h00 à 13h00

Nous  vous accueillerons avec plaisir pour discuter des conséquences concrètes des tous ces projets. Nous accompagnerons également nos échanges du témoignage de travailleuses qui se trouveront dans des situations de grande précarité si les annonces du ministre des Pensions venaient à se concrétiser.

En espérant pouvoir compter sur votre présence, nous vous adressons, mesdames les ministres, mesdames les députées, nos chaleureuses salutations.

Marie-Hélène Ska, Secrétaire générale de la CSC
Marc Goblet, Secrétaire général de la FGTB
Olivier Valentin, Secrétaire national de la CGSLB

Anne Léonard, Secrétaire nationale de la CSC
Jean-Francois Tamellini, Secrétaire fédéral de la FGTB
Sabine Slegers Secrétaire nationale de la CGSLB

Magda De Meyer, Plateforme féministe socio-économique