La CSC

Des jobs à temps plein pour les femmes aussi

Les femmes qui travaillent à temps partiel l’ont rarement choisi. C’est ce que la CSC, Vie féminine et son pendant flamand Femma ont rappelé, ce vendredi, à Kris Peeters, ministre de l’Emploi, et à Elke Sleurs, secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances.

En Belgique, les femmes gagnent encore en moyenne 22% de moins que les hommes, sur base annuelle. Parmi les multiples causes de cet écart salarial, l’impact du travail à temps partiel est considérable: les femmes sont plus fréquemment occupées dans des temps de travail partiels ou flexibles, sans qu’il s’agisse d’un choix librement consenti. «Pour ces personnes, disent la CSC, Vie féminine et Femma, nous voyons une autre destination: le travail à temps plein.»

Travailler à temps partiel est rarement un choix. Environ 80% des femmes restent responsables des tâches ménagères. C’est ainsi que l’on retrouve un grand nombre de travailleuses dans des secteurs tels que le nettoyage, la distribution ou le non-marchand, où la plupart des emplois sont des emplois à temps partiel, adaptés aux pics d’activité. Les femmes doivent souvent se couper en deux, comme l’a montré symboliquement, ce vendredi, l’illusionniste qui accompagnait la délégation CSC-Vie féminine-Femma.

Par conséquent, les femmes sont aussi les premières victimes de la révision de l’allocation de garantie de revenus (AGR). Il s’agit du complément de chômage alloué aux travailleurs en temps partiel involontaire. Parmi les quelque 50.000 bénéficiaires de l’AGR, 78% sont des femmes, dont 51% sont chefs de ménage. Le gouvernement a déjà diminué le montant de cette allocation. A partir de 2018, il veut encore le réduire de moitié après deux ans de travail.

A Kris Peeters et Elke Sleurs, la CSC demande le retrait de cette révision de l’AGR. Selon le ministre de l’Emploi, l’objectif budgétaire a été fixé, mais pas la manière de l’atteindre. «Nous allons donc maintenir la pression syndicale», conclut Anne Léonard, secrétaire nationale de la CSC.

Dans les cartons du gouvernement, on trouve aussi la flexibilité. Les horaires de travail, par exemple, ne seraient plus communiqués qu’un jour à l’avance aux travailleurs à temps partiel occupés dans un horaire variable. A ce sujet, Kris Peeters dit attendre l’avis du Conseil national du travail.

La CSC, Vie féminine et Femma demandent au gouvernement fédéral d’intégrer l’égalité hommes-femmes dans toutes les matières qu’il gère, notamment l’emploi et la formation. Les trois organisations rappellent que, dans son accord de gouvernement, Michel Ier s’est engagé à accorder une attention particulière à des «thèmes transversaux comme l’égalité des chances et l’égalité entre les hommes et les femmes».