La CSC

Comportement budgétaire à risque

Ce week-end, le gouvernement a bouclé son budget. Les éléments qui ont filtré ces derniers jours sur le budget sont inquiétants: un milliard d’efforts à réaliser dans la sécurité sociale, de nouvelles coupes sombres dans les pensions des secteurs privés et public, une flexibilité accrue et meilleur marché sur le dos des travailleurs, de nouvelles économies dans les services publics, une importante réduction de l’enveloppe consacrée à la liaison au bien-être, etc. Ces mesures viennent s’ajouter à la facture de plusieurs milliards que ce gouvernement présente depuis deux ans aux citoyens. Il exerce en outre de nouvelles pressions pour intervenir toujours plus dans les négociations salariales.  
Dans le même temps, les plans du ministre des Finances concernant l’impôt des sociétés risquent de creuser un nouveau cratère dans le budget. L’étude du Conseil supérieur des Finances est très claire : réformer de façon draconienne le taux d’imposition des sociétés dans un cadre budgétairement neutre n’est envisageable qu’en revoyant drastiquement les déductions fiscales et moyennant des mesures compensatoires dans d’autres impôts. Le Conseil supérieur des Finances a déjà affirmé par le passé qu’une réduction des taux pour les PME n’était pas souhaitable. Le gouvernement ne semble absolument pas suivre ces conseils avisés, alors que le prochain gouvernement devra déjà endosser une très lourde facture en raison du fait que 6,6 milliards (58%) du tax shift ne sont pas financés. La légèreté budgétaire des partis de droite ne connaît manifestement pas de limites.  
Si le gouvernement veut encore donner l’apparence d’un semblant de justice sociale, il doit absolument présenter un plan ambitieux pour une fiscalité juste. Ce n’est possible qu’à condition de ne pas céder à la pression exercée par les lobbies économiques et financiers et leurs conseillers fiscaux. Les grosses fortunes doivent enfin apporter leur contribution. Ce n’est possible que si cette taxe sur les plus-values s’applique à toutes les transactions et réalisations de plus-values et donc que si la base imposable est la plus large possible. Et cela sans accorder de cadeaux aux PME et sans permettre toutes sortes d’échappatoires. On ne doit pas pouvoir éluder cette taxe, par exemple en conservant des plus-values dans la société, pour ensuite recourir sans vergogne à tous les artifices (boni de liquidation, droits de donation, constructions à l’étranger, subdivision en petites entités, etc.).