La CSC

Les dangers sous-estimés pour les femmes enceintes?

Les travailleurs de la coiffure sont exposés à de nombreux risques pour la santé. Le plus important concerne les maladies de la peau. Bien que fabuleux, cet organe est une véritable passoire qui absorbe les composants chimiques des produits cosmétiques ou le nickel de certains instruments de coiffure comme les ciseaux, les pinces et les tondeuses. De plus, le travail en milieu humide accentue le phénomène en favorisant le développement de différentes dermatoses professionnelles telles que la dermite d’irritation, l’eczéma de contact allergique,… 
Pour pallier ces effets indésirables, il suffit bien souvent de mettre en place certaines mesures de protection collectives et individuelles, comme l’alternance des tâches humides et sèches, le port de gants de protection adéquats (sans latex et de préférence en nitrile) et l’hydratation régulière des mains avec une crème protectrice neutre sans parfum.

Problèmes respiratoires

Les aérosols, les produits sous formes de poudre, notamment les poudres décolorantes aux persulfates alcalins qui sont très volatiles et qui restent longtemps en suspension dans l’air, les vapeurs irritantes de l’ammoniaque de certains produits colorants sont, quant à eux, à l’origine de nombreux problèmes respiratoires, tels que les rhinites et l’asthme. Une bonne ventilation du salon de coiffure, ainsi que l’utilisation de produits sous forme non volatile tels que les gels et les granulés, permettent également de réduire considérablement les risques professionnels. 
Mentionnons encore les troubles musculosquelettiques (TMS) tels que les tendinites ou autres maux de dos causés par les stations debout prolongées, par les mouvements répétitifs au niveau des poignets et des doigts, ou par de mauvaises postures du corps lors de l’exécution des différentes tâches. Là aussi, des mesures simples sont possibles, comme alterner les tâches et adopter les bonnes postures.
Autres risques professionnels qui mériteraient une plus grande attention: ceux engendrés par l’utilisation des produits cosmétiques par les femmes enceintes ou en âge de procréer. Cette question soulève encore de nombreuses interrogations. Leur utilisation régulière est suspectée d’impacter négativement les femmes (fertilité amoindrie, avortements spontanés, ménopause précoce, fibromyalgie, cancer du sein,…) et leurs enfants à naître (malformations et retards de croissance du foetus, naissances prématurées, retards d’apprentissage,…).

Légiférer clairement

Cependant, faute d’investigations précises, les liens n’ont pas encore pu être établis de manière formelle. Certaines études nationales débouchent malgré tout sur certains conseils de prévention et certaines recommandations comme l’adaptation du poste de travail, la mutation de poste ou l’écartement pur et simple. Mais là aussi, les réglementations nationales au sein de l’Union européenne divergent. Il serait grand temps de lancer une enquête européenne et de légiférer clairement en la matière. 
Plus d’infos sur les mesures de prévention spécifiques à la coiffure grâce aux outils Safehair (cliquer ici)  et Oira Coiffure.