La CSC

Don de congés : pourquoi la CSC n’est pas favorable

L’histoire du petit Mathis a fait beaucoup parler d’elle en France. Il souffrait d’une leucémie et sa maman est vite arrivée au bout de ses jours de congés pour s’en occuper. Même s’il cela n’est pas prévu par le droit français, ses collègues ont décidé de lui donner une partie de leurs vacances. La maman de Mathys a pu alors consacrer plus de temps à son fils. 
La vie privée prend parfois le pas sur le travail. Il arrive qu’un proche soit très malade et nécessite un accompagnement attentif. Que dire lorsqu’il s’agit d’un parent en fin de vie ou d‘un enfant! Ces grands évènements de la vie privée ont été discutés dans les médias récemment. La question qui se pose est surtout de savoir comment le monde du travail peut au mieux y répondre.
Deux propositions de loi, une du MR, une du CDH, ont pour but de rendre possible le don de congés en Belgique. L’objectif de ces textes est de permettre une solidarité entre les travailleurs d’une entreprise.
Les propositions de loi, même si elles partent (officiellement) d’une bonne intention, ne sont pas la réponse que la CSC souhaite apporter à ces problèmes. La solidarité est en effet plus efficace lorsqu’elle est organisée à un niveau plus large, au niveau de la sécurité sociale par exemple.
Il existe déjà actuellement le système du congé pour soins. Il dure un mois et peut être renouvelé une fois. Il peut-être obtenu très vite par le travailleur. Si la situation continue, le travailleur peut aussi faire appel au crédit temps. Un crédit-temps pour motif de soins permet au travailleur de s’absenter 3 ans. Au total, cela fait 3 ans et deux mois! Avant le gouvernement Michel, on  pouvait aussi y rajouter le crédit-temps sans motif d’un an. On ne peut donc pas dire que les travailleurs belges sont démunis face à ce genre de situation.
Les avantages d’organiser la solidarité par la sécurité sociale sont nombreux. Il est possible de prévoir des allocations, une protection contre le licenciement (un employeur n’est pas souvent content de voir un travailleur s’absenter longtemps), une assimilation pour le calcul de la pension.
Tout cela est plus difficile s’il s’agit uniquement d’un système facultatif entre les travailleurs d’une même entreprise. Et finalement, c’est la même idée quand il s’agit d’une personne qui tombe malade, qui est en burn-out ou qui a subi un accident du travail. Ce ne sont pas les collègues qui doivent s’y coller!
Un raison supplémentaire pousse à refuser ce genre de proposition. Le droit du travail a pour but d’empêcher certains comportements, même si le travailleur est d’accord. Par exemple, personne ne peut autoriser son employeur à ne lui payer que la moitié de son salaire réglementaire. Quand bien même il s‘agit de le reverser à un collègue qui suit un traitement médical très coûteux... C’est pour éviter des pressions trop fortes de l’employeur sur le travailleur, dont on sait qu’elles se terminent souvent en défaveur du travailleur.
Dans le monde d‘aujourd’hui, les conditions de travail mettent déjà énormément les travailleurs sous pression. Rentabilité, productivité, menace de licenciement. Pas besoin de créer une nouvelle possibilité de pression en permettant au travailleur de rendre ses congés à son employeur !