La CSC

Les troubles musculo-squelettiques maladies modernes

Lombalgies, syndrome du canal carpien, tendinites, épicondylites… Les troubles musculo-squelettiques sont la première cause de maladie professionnelle.
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont, avec les risques psychosociaux, un des principaux problèmes en matière de bienêtre au travail. Un travailleur belge sur deux souffre en effet de maux de dos, trois sur dix se plaignent de douleurs aux jambes, et quatre sur dix de douleurs aux bras. Des soins de santé à la production industrielle, en passant par la grande distribution, les centres d’appel, la construction, le nettoyage, la logistique, le transport, les centrales de repassage, les coiffeurs, les services techniques ou les éboueurs, pas grand monde n’y échappe. 
Ce terme de TMS est en fait la dénomination commune pour des problèmes de santé (picotements, crampes, douleurs, limitations de la mobilité articulaire…) qui trouvent leur origine dans la situation de travail et qui s’attaquent à certaines structures musculosquelettiques comme les muscles, les tendons, les nerfs et les articulations.​

Tâches lourdes ou répétitives

Mais pourquoi y a-t-il autant de personnes atteintes par des TMS, alors que les machines sont aujourd’hui omniprésentes? Il est clair que certaines tâches restent pénibles: manipuler des charges lourdes, rester dans une position inconfortable pendant une longue période, subir des vibrations mécaniques ou travailler avec les mains au-dessus des épaules, provoque, même chez ceux qui ont une forte constitution, une charge importante pour les muscles, les tendons, les articulations et les os.
L’exécution d’activités plus légères mais répétitives (par exemple,l’emballage à la chaine ou l’introduction de données via un clavier) peut aussi mener, à long terme, à l’inflammation des articulations. Toutes ces tâches seront par ailleurs plus pénibles sur terrain glissant ou inégal, ou s’il fait trop chaud ou trop froid.

Organisation du travail 

Outre la nature des tâches à effectuer, l’organisation du travail intervient aussi dans l’apparition des TMS, notamment si le rythme est intense, les pauses réduites et les exigences de qualité ou de précision élevées. 
Enfin, ce qu’on appelle les risques psychosociaux entrainent aussi un surplus de plaintes liées aux TMS: par exemple, lorsqu’on travaille avec des délais d’exécution serrés, lorsque les relations sont tendues avec un supérieur ou entre collègues, ou encore lorsqu’on est souvent en contact avec des clients exigeants ou des élèves remuants…Tous ces facteurs interagissent entre eux et ont plus ou moins d’impacts sur la santé en fonction des antécédents médicaux et de l’hygiène de vie de chacun.

Des fiches par métier 

Mais comment agir avant que le mal n’arrive? La loi sur le bienêtre au travail oblige les employeurs à agir au maximum sur la prévention des risques. Pour rendre cette exigence la plus efficace possible, le SPF Emploi, travail et concertation sociale propose aux experts en prévention la stratégie Sobane, à quatre niveaux d’intervention: screening, observation, analyse et expertise. La CSC recommande à ses représentants dans les comités PPT la diffusion de cette méthode, applicable aux TMS comme à d’autres types de risques.
À un niveau personnel, il est aussi possible de s’informer sur les mesures de prévention possibles, a fortiori s’il n’y a pas de représentants syndicaux dans l’entreprise. À la demande du SPF Emploi, des ergonomes et kinésithérapeutes ont rédigé une trentaine de brochures abordant chacune en détail un métier différent: agent de tri, chauffeur-routier, coiffeur, déménageur, caissière, agent d’entretien, personnel soignant, etc. Il s’agit d’outils très pratiques qui donnent des conseils en matière d’ergonomie et d’organisation du travail, et qui sont illustrés de nombreuses photos présentant des situations de travail réelles.

Médecin du travail

Il reste aussi à préciser que tout travailleur concerné par l’une ou l’autre forme de TMS peut aussi s’adresser au médecin du travail. Auparavant, le travailleur qui souhaitait consulter le médecin du travail devait en faire la demande préalablement à l’employeur. Aujourd’hui, il peut s’adresser directement au conseiller en prévention chargé de la médecine du travail et solliciter une consultation. Il suffit que le travailleur pense qu’il existe un lien entre ses problèmes de santé et ses conditions de travail. L’employeur ne doit plus servir d’intermédiaire pour cette demande.
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