La CSC

Les dossiers brûlants s'accumulent

Au cours des vingt derniers mois, le gouvernement a pris des mesures qui détricotent les acquis sociaux. Celles qu’il prépare ne sont pas meilleures, bien au contraire. Les valeurs de la CSC, c’est la défense des travailleurs avec et sans emploi, la lutte contre les inégalités et pour plus de justice sociale. Et il y a du pain sur la planche! 

Budget: l’anti Robin des Bois 

«Nous avions dit dès le début que le tax shift ne serait pas couvert. Nous n’avons pas été entendus. Mais, comme nous l’avions calculé, les recettes prévues par le gouvernement ne sont pas suffisantes» souligne Marc Leemans, président de la CSC. Le gouvernement cherche près de deux milliards pour équilibrer le budget de l’Etat et la CSC craint qu’il aille à nouveau les chercher dans les départements sociaux: 
  • Le ministre des Pensions parle de raboter les périodes assimilées. La CSC s’y est déjà opposée avec les deux autres syndicats et une plateforme d’associations féministes et féminines.
  • La ministre de la Santé parle de cibler les soi-disant «faux» invalides et d’accélérer le retour au travail des travailleurs malades
  • Le ministre de l’Emploi parle de s’en prendre à ce qu’il reste du crédit-temps et aux demandeurs d’emploi.
 «Le budget tel qu’il s’élabore ne va pas convenir à la Commission européenne, alors le gouvernement tente de l’amadouer avec ses positions sur d’autres dossiers» explique Marc Leemans. Robin des Bois prenait l’argent des plus riches pour le donner aux pauvres; le gouvernement fait l’exact opposé…

Droit de grève raboté

Le mot «concertation» revenait 167 fois dans la déclaration politique du gouvernement fédéral. Poudre aux yeux! Il n’a gardé que ce qui l’arrangeait des résultats de la concertation sociale. Ce n’est pas un hasard si la négociation sur le Gentlemen’s Agreement et le droit de grève n’a pas abouti: les patrons savent très bien que s’il a la main, le gouvernement tranchera en leur faveur. La droite veut à tout prix raboter l’influence syndicale. Et c’est pourquoi elle veut aussi relancer le débat sur la personnalité juridique des syndicats…

Les femmes très discriminées

Les mesures du gouvernement touchent tout le monde, mais les femmes sont particulièrement discriminées. Marie-Hélène Ska, secrétaire générale, a rappelé que l’écart salarial est de 22%, l’écart des pensions de 31%. Anne Léonard, secrétaire nationale en charge du dossier des Pensions, l’a expliqué dans le détail. «Le salaire est ce qui nous permet de vivre et détermine notre pension. Il faut revenir à un salaire négocié et, pour cela, analyser correctement l’évolution de la compétitivité» a rappelé Marie-Hélène Ska. C’est l’une des missions à laquelle la CSC consacre du temps et des forces, et elle aura fort à faire quand il faudra revoir la loi de 1996 sur la défense de la compétitivité et la promotion de l’emploi.

Travail (in)soutenable

Enfin, dossier brûlant lui aussi, celui du travail soutenable. Pour la CSC, ce travail doit être organisé tout au long de la carrière, par la concertation à tous les niveaux possibles, avec une prise en compte de la dimension du genre (qui concerne non seulement le secteur privé, mais aussi les secteurs publics) et une prise en compte de la pénibilité. On en est loin. Et voici que Chris Peeters, ministre de l’Emploi, veut flexibiliser encore davantage le travail flexible en ramenant de cinq jours à un seul le moment où l’employeur doit communiquer son horaire au travailleur. Dans ce cas, comment organiser sa vie, harmoniser vie familiale et vie professionnelle? Le conseil général a entendu des témoignages très forts de travailleuses de la distribution concernées par ce projet. La CSC s’y opposera de toutes ses forces.

Mobilisation pour le 20 avril

Ces dernières semaines, la CSC a multiplié les actions pour sensibiliser le public et les parlementaires aux réalités cachées sous les dossiers. Elle prépare une action pour le 20 avril. La CSC veut en effet continuer à mobiliser contre un «gouvernement qui prône les intérêts des employeurs et du grand capital, qui attaque frontalement le droit de grève, bafoue la liberté de négociation entre partenaires sociaux et méprise notre système de formation des salaires, organise une chasse aux sorcières contre les travailleurs sans emploi, stigmatise les malades, fait de gros cadeaux aux entreprises et feint l’étonnement d’avoir un gros trou dans la sécu'.»

En savoir plus sur la manif du 20 avril