La CSC

Gros succès pour la manifestation du non-marchand

Le jeudi 24 novembre, à l’appel du front commun syndical des secteurs du non-marchand (santé, social, culture…), environ 20.000 manifestants ont mis la pression sur les gouvernements.
«C’est un vrai succès! Alors que les premiers arrivaient déjà à la fin du parcours, les derniers n’avaient pas encore démarré. Nous estimons qu’au moins 20.000 personnes se sont déplacées à Bruxelles aujourd’hui pour réclamer un accord non-marchand aux différents gouvernements. Avec une très forte mobilisation de la CNE et de la LBC-NVK, les deux centrales d’employés de la CSC», rapporte Yves Hellendorff, permanent national de la CNE Non-marchand.
20.000 travailleuses et travailleurs du secteur non-marchand qui, dans de très nombreuses institutions ou associations, assurent quotidiennement un «service au public»: hôpitaux, maisons de repos, soins à domicile, maisons médicales, aide à la jeunesse, petite enfance, socio-culturel, aide aux familles, aide aux personnes handicapées, insertion socio-professionnelle… En Belgique, environ 525.000 personnes travaillent dans le secteur non-marchand, soit plus de 15 % de l’emploi total du pays.
Sur le parcours, les organisations syndicales ont été reçues par les représentants de trois gouvernements.
Le gouvernement fédéral - qui a pour compétences les hôpitaux, les soins à domicile, les maisons médicales… - a promis d’entamer les négociations 
Reçue par Charles Michel, Maggie De Block et Kris Peeters, la délégation syndicale a redéposé son cahier de revendications et en a profité pour attaquer les mesures prises par le gouvernement fédéral, en matière de soins de santé, régime de fin de carrière, RCC, crédit-temps, congé prophylactique…
«Le gouvernement nous a enfin dit comprendre l’ampleur des problèmes sur le terrain et l’importance du secteur non-marchand, vu le nombre de manifestants. Kris Peeters et Maggie De Block ont ainsi été mandatés pour établir un calendrier de négociations de l’accord non-marchand, ce qui est positif. » La première étape sera le chiffrage des moyens nécessaires pour rencontrer les revendications syndicales en termes de conditions de travail et de salaires. « Nous avons donc rappelé qu’une enveloppe de 250 millions d’euros, tous secteurs non-marchands confondus, était toujours disponible auprès des employeurs du secteur et des autorités subsidiantes. Cette enveloppe a en effet été offerte par le gouvernement au secteur lors du tax shift. Il y a donc de véritables moyens pour rencontrer nos revendications», commente Yves Hellendorff. 
Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles – qui a pour compétences l’aide à le jeunesse, les maisons de repos, la petite enfance, le socio-culturel…) – n’a encore rien fait 
Quant à la Fédération Wallonie-Bruxelles, représentée ce jour de manifestation par les ministres Alda Greoli (ministre de la Culture, de l'Enfance et de l'Éducation permanente), André Flahaut (ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative) et Isabelle Simonis (ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances), elle s’est contentée de promettre des choses promises il y a déjà plusieurs mois: «Alors qu’en juin le gouvernement nous avait déjà promis de faire le chiffrage des moyens nécessaires pour l’été passé, nous nous sommes aperçus aujourd’hui qu’il n’avait encore rien commencé! C’est une véritable déception et une grosse perte de temps pour les travailleuses et travailleurs du secteur, qui attendent depuis des années une amélioration de leurs conditions de travail particulièrement difficiles», explique Patricia Piette, permanente nationale de la CNE Non-marchand. «Si rien ne se concrétise rapidement, nous augmenterons donc la pression. Les gens n’en peuvent plus. Il est urgent d’entamer les négociations», conclut-elle.
Le gouvernement wallon – qui a pour compétences l’aide aux familles, l’aide aux personnes handicapées, l’insertion socioprofessionnelle, les espaces rencontre…) n’a pas daigné recevoir les organisations syndicales.
«Quant à la Région wallonne, représentée par Maxime Prévot, ministre de la Santé et de l'Action sociale, elle n’a même pas daigné nous recevoir aujourd’hui. C’est tout simplement méprisant face à 20.000 travailleuses et travailleurs qui se mettent en grève et se déplacent jusqu’à Bruxelles», a réagi Patricia Piette. Une rencontre est prévue le 9 décembre prochain. Nous rappellerons alors que le non-marchand représente non seulement 15% de l’emploi en Belgique, soit 525.000 travailleurs, mais aussi un secteur qui assure des services essentiels à l’ensemble de la population. Ces travailleuses et travailleurs méritent des conditions de travail et de salaires correctes.»