La CSC

Restructurations: les partis au pied du mur

La CSC wallonne a sondé les partis politiques francophones sur la question des restructurations. Un débat qui a débouché sur des propositions et des engagements en vue des prochaines élections. 
ING, Caterpillar, AXA, Crelan,… : les annonces de restructuration n’en finissent pas de se succéder ces dernière semaines, suscitant moult réactions indignées y compris dans le monde politique. Mais celles-ci se concrétiseront-elles en actes une fois l’agitation médiatique retombée? 
Pour vérifier les intentions des partis, la CSC Wallonne a organisé une grande soirée-débat ce 25 octobre au CEME de Charleroi en compagnie de cinq mandataires  francophones: Eric Massin (PS),  Raoul Hedebouw (PTB),  Patrick Dupriez (Ecolo), Georges-Louis Bouchez (MR) et  Benoît Drèze (CDH). Près de 200 personnes ont assisté au débat qui a abordé les mesures à mettre en place pour se prémunir des licenciements «boursiers» et garantir, en cas de fermeture d’entreprise, une forme de retour à la collectivité des avantages perçus.
Il a donc été question des aides accordées notamment par les Régions qui créent des conditions d’accueil favorables aux entreprises: terrains équipés à prix compétitif, aides à l’investissement, aides à l’emploi,… : est-ce ou non une stratégie à poursuivre et comment récupérer ces avantages dans le cas d’une entreprise bénéficiaire comme Caterpillar? Le CDH, par exemple, plaide pour une réorientation des aides «en amont» en investissant beaucoup plus dans l’enseignement et la formation de façon à offrir une main-d’œuvre très qualifiée aux entreprises, un facteur très attractif pour les entreprises. Ecolo évoque par ailleurs l’idée de supprimer toute aide publique aux entreprises qui offrent des dividendes excessifs à leurs actionnaires.
Les échanges ont aussi porté sur les procédures qui entourent un licenciement collectif: comment améliorer la loi Renault et ne faut-il pas légiférer pour interdire les licenciements boursiers? PS, PTB, CDH et Ecolo ont confirmé leur volonté d’aller dans ce sens, en instaurant aussi pour les travailleurs un droit d’alerte qui supposerait par exemple de pouvoir faire appel à un réviseur d’entreprise en cas d’évolutions inquiétantes.
Autre sujet du jour fort polémique et qui a vite débordé sur la question de l’allongement des carrières: le durcissement des conditions d’accès à la prépension. Si le MR ne remet pas en question ses choix en matière de recul de l’âge de la pension,  les autres partis se disent favorables à un meilleur aménagement des fins de carrière. Ils se prononcent également pour le maintien  du droit à la prépension pour les travailleurs victimes d’un licenciement collectif, avec versement par l’employeur d’un complément.
La CSC wallonne a également interrogé les partis sur la question des sanctions chômage pour tous les travailleurs victimes de licenciement collectifs. Ne faut-il pas les supprimer pour ceux qui, après la participation à une cellule de reconversion, n’ont toujours pas retrouvé du travail? Non pour le MR au nom de l’équité avec les autres catégories de chômeurs. Oui avec des nuances pour les autres partis, qui plaident pour sortir de cette logique actuelle de contrôle permanent et bureaucratique. 
Juste avant de clôturer la soirée, les Jeunes CSC de Charleroi ont interpellé les partis à propos de la limitation des allocations d’insertion à 24 ans, mesure adoptée par le gouvernement Di Rupo et contre laquelle ils font campagne. Sont-ils prêts à revenir dessus s’ils font partie du prochain gouvernement ? Réponse positive pour tous, à l’exception du MR.   
«On a entendu des pistes intéressantes et il y a eu aussi des engagements pris. Nous ne manquerons pas de les rappeler aux différents partis lors de la campagne électorale» a conclu Marc Becker, secrétaire national de la CSC au terme de la soirée.  

Restructurations: les partis au pied du mur