La CSC

Pauvre parce que pensionnée ? #ça n'va nin !

Les citoyens qui ont cotisé leur vie durant sont en droit d’attendre des pensions dignes et justes. La CSC wallonne demande aux élus locaux et régionaux de peser sur le fédéral pour des pensions dignes et justes qui permettent aux retraités de vivre correctement.
«On voulait faire le tour du monde. On ne peut plus faire que le tour du quartier!» constate une pensionnée dépitée. Pour la plupart des Wallonnes et des Wallons, la retraite n’a rien de commun avec les publicités qui s’affichent sur papier glacé. «Une fois les frais fixes payés, il faut compter! On répartit les tranches du pain entre les jours de la semaine. Et le 3, on attend la fin du mois…» continue cette dame qui comme tant d’autres se sent «spotchie» (1).
La première des revendications de la campagne «Ça n’va nin!», ce sont des pensions dignes et justes. Ce dossier relève de la compétence du gouvernement fédéral mais la CSC wallonne demande aux élus locaux et régionaux de peser sur lui pour qu’il arrête les dégâts.
Pouvoir vivre dignement
Le relèvement de l’âge de la pension de 65 à 67 ans est une forme de régression sociale. Il induit une discrimination entre les hommes et les femmes. La Cour constitutionnelle a d’ailleurs rappelé le gouvernement à l’ordre, suite au recours des syndicats, dans le dossier du démantèlement de la pension de survie: il affecte essentiellement des femmes, en particulier des veuves, et la mesure est imposée sans période transitoire, sans initiative appropriée pour rediriger ces personnes vers le milieu du travail.
De plus, le relèvement de l’âge de la retraite ne tient pas compte de la diversité des carrières. Or les personnes qui peuvent travailler jusqu’à l’âge de 67 ans sont peu nombreuses. Logique avec une espérance de vie en bonne santé de 65 ans à peine avec des disparités sociales importantes.
Ce n’est pas tout! Le gouvernement a également durci les conditions d’accès à la pension anticipée. Encore un recul social, surtout pour les femmes: la durée moyenne de leur carrière est de 36,6 ans alors qu’il faut désormais 42 ans de carrière à l’âge de 63 ans pour bénéficier d’une pension anticipée. Travailler plus longtemps pour bénéficier d’une pension rabotée, c’est ce que le gouvernement fédéral propose aux retraités et retraitées.
Avoir des revenus prévisibles
Et ce n’est pas tout! À présent, le ministre des Pensions veut établir en Belgique un système de pension à points: durant sa carrière, le travailleur accumule des points qui, lors de sa pension, se transforment en une somme d’argent. Le système à points évacue la notion d’âge de la retraite. Dans cette optique, le travailleur atteint l’âge de la pension quand il a accompli la totalité de la carrière de référence. La pension est considérée comme une forme d’épargne que le travailleur retrouve quand il part en pension. Autrement dit, c’est une forme de capitalisation. Notre système de pension actuel, lui, s’est construit sur la répartition: la pension est un droit auquel le travailleur accède dès qu’il remplit les conditions d’âge et de durée de carrière.
Et surtout, le système à points manque de transparence: la valeur du point variera d’une année à l’autre et pourra être gelée sur plusieurs années. Comment prévoir sa vie de pensionné dans pareilles conditions? C’est une rupture par rapport à l’évolution historique de la sécurité sociale qui adapte généralement le financement aux besoins et non l’inverse.
(1) Spotchi: écrasé.