La CSC

On nous spotche! Ça n’va nin!

ca n'va nin
En Wallonie, le gouvernement suit le modèle du fédéral. Austérité + austérité = citoyens écrasés, «spotchis». La précarité va croissant. Pour la CSC wallonne, «Ça n’va nin»! Elle lance une campagne de sensibilisation qui durera six mois et avancera ses propositions.
En septembre dernier, la CSC wallonne a interpellé le gouvernement qui se mettait en place et lui a indiqué les balises à ne pas franchir. Il n’en a guère tenu compte! Les craintes émises il y a trois mois se sont donc amplifiées: budget mal ficelé, manque de clarté de l’assurance autonomie, gel de la réforme des aides publiques à l’emploi (APE), mise en œuvre d’un service minimum dans les transports en commun… Le gouvernement fait sauter les sécurités les unes après les autres. À ces dossiers régionaux, il faut ajouter la poursuite de la réforme des pensions au niveau fédéral. Cela fait beaucoup à supporter pour les Wallonnes et les Wallons!
Pour la CSC wallonne, ça n’va plus, ça n’va nin et il n’est pas possible de continuer ainsi sans provoquer une véritable casse sociale. Elle lance donc une campagne de sensibilisation qui s’étendra de janvier à juin et proposera des alternatives aux politiques actuelles.

Mauvais départ

C’est sûr, le gouvernement a mal démarré. Son budget pour 2018 s’est fait retoqué par la Cour des comptes qui met en question la crédibilité des hypothèses retenues par la majorité MR-CDH.
Un budget, c’est avant tout l’expression des prévisions des recettes et des dépenses; pour que le budget soit crédible, les prévisions doivent être proches de la réalité. Or le budget wallon pour 2018 prend quelques libertés avec la réalité des marges disponibles pour mener sa politique. La Cour des comptes remarque que le gouvernement est trop optimiste sur les recettes qui sont gonflées tandis que les baisses de dépenses sont minorées. La Cour des comptes va jusqu’à corriger le montant du déficit en 2018: elle parle d’un déficit de 358 millions et non de 217 millions comme annoncé par le gouvernement wallon.
La réforme fiscale tant annoncée et tant vantée par la majorité est elle aussi pointée du doigt par la Cour des comptes. Le gouvernement a supprimé une série de taxes. Cela fait moins d’argent pour la Région: 93 millions de moins selon le gouvernement, 150 millions selon le conseil de la fiscalité et des finances de Wallonie (CFFW) et 166 millions selon la CSC wallonne. Cette réforme est donc coûteuse. Elle est financièrement injuste aussi, explique la CSC wallonne, qui pointe des mesures comme la suppression de droits d’enregistrement plus élevés pour l’achat d’une troisième habitation.

Ambition et solidarité

Cette Wallonie-là, la CSC wallonne n’en veut pas. Dans la ligne des résolutions de son congrès, elle veut une Région solidaire et ambitieuse. Elle la dessine au travers des six grands thèmes de sa campagne. Chacun sera décliné durant un mois de janvier à juin 2018. Il sera question des aînés et des pensions (voir l’article par ailleurs), des jeunes, de la fiscalité qui est la pierre d’angle d’une société solidaire, de services publics performants, d’un secteur non marchand et de services publics de qualité.
La fiscalité pour laquelle plaide la CSC wallonne n’a pas grand-chose à avoir avec la réforme fiscale du gouvernement. Il s’agit d’imposer tous les revenus pour que l’équité fiscale soit réellement atteinte. Cela suppose d’imposer davantage les grandes entreprises et les multinationales et de prendre l’argent où il se trouve: en luttant contre l’évasion fiscale, en faisant contribuer davantage les revenus du capital.
La CSC wallonne veut aussi une Région solidaire avec les jeunes et ambitieuse pour eux. Les jeunes apprentis doit être revalorisé.
Le contrat à durée indéterminée et l’emploi statutaire doivent rester la norme et les jeunes travailleurs doivent bénéficier d’un revenu au moins égal au revenu minimum garanti.

Choix politiques

Cela doit être le cas pour tous les travailleurs. Travailler dans un système de flexi-job rend la vie difficile et précaire. La flexibilité doit être négociée et non imposée unilatéralement par les employeurs. L’emploi doit offrir des garanties en termes de sécurité et préserver la santé des travailleurs et des travailleuses. Les emplois de proximité doivent être valorisés (1)
La CSC wallonne insiste, une fois encore, sur la nécessité pour la Région de disposer de services publics et d’équipements et services non marchands en nombre suffisant, de qualité, accessibles à tous et toutes, avec de bonnes conditions de travail. Elle demande aux responsables politiques de réfléchir à assurer chaque jour un service maximum plutôt que de s’échiner à imaginer des formules de service minimum.
Tout cela, c’est une manière de voir et d’organiser la société, ce sont des choix politiques. Rien n’empêche les partis qui commencent à préparer les élections communales de 2018 et les élections régionales de 2019 de puiser des idées dans cette campagne et dans les alternatives proposées. Ils ont six mois pour s’en inspirer.

Manifestation le 19 décembre

Parce qu’elle veut des pensions dignes et justes, qui permettent de vivre correctement, la CSC wallonne participera à la marche pour les pensions, à Bruxelles, le 19 décembre prochain.
Cette manifestation est organisée par la CSC et la FGTB avec le Moc, Vie Féminine, les Equipes populaires, la Joc, Tout autre chose,… Tous et toutes seront dans les rues pour demander le retour à la pension à 65 ans et des emplois pour les jeunes, refuser la pension à points, exiger une pension de 1.500 euros minimum, obtenir l’égalité hommes/femmes pour les pensions et une sécurité sociale forte pour financer ces pensions.

Rassemblement à 10h30, boulevard du Roi Albert II (à hauteur du n°5) à 1210 Bruxelles.