La CSC

La CSC approuve l’accord interprofessionnel

Le Conseil général de la CSC approuve à 88% des voix le projet d’accord interprofessionnel conclu par les représentants des travailleurs et des employeurs. À condition que le gouvernement n’y change pas même une virgule. 
C’est fait! Il y a un accord interprofessionnel (AIP) pour 2017-2018. Le Conseil général de la CSC, réuni à Bruxelles le 31 janvier, l’a approuvé à 88% des voix. Les deux autres organisations syndicales et les organisations patronales l’ont également approuvé. 
De 2011 à 2016, il n’y avait plus eu d’AIP. Cette fois, les représentants des travailleurs et des employeurs sont parvenus à un accord. «Un tel accord est comme un château de cartes, précise Marc Leemans, président de la CSC. C’est un équilibre stable, mais fragile. Si on retire une seule carte, tout le château s’effondre… Nous attendons donc du gouvernement qu’il accepte tel quel l’accord négocié par les interlocuteurs sociaux et respecte leurs compétences.»   

Un meilleur pouvoir d’achat

L’AIP va bénéficier à l’ensemble des travailleurs du secteur privé, quel que soit le secteur où ils travaillent. En effet, l’AIP est un accord-cadre qui ouvre les négociations dans les secteurs, puis dans les entreprises. «Grâce à cet accord, nous ouvrons à nouveau une perspective d’avenir un peu plus positive à de très nombreuses personnes, estime la CSC. Les travailleurs et les travailleuses bénéficieront d’une marge d’augmentation salariale allant jusqu’à 1,1%, en plus de l’index. Après trois années de blocage salarial et un saut d’index imposés par le gouvernement Michel, une marge se dégage enfin pour des augmentations salariales en plus de l’index. C’est positif pour les travailleurs et pour l’économie. Il revient à présent aux négociateurs des secteurs et des entreprises de concrétiser cet AIP et de le compléter par des accords créateurs d’emplois de meilleure qualité.» 
Un plus pour les allocataires sociaux
L’AIP va également bénéficier aux allocataires sociaux. 
Les indemnités des malades et les allocations des pensionnés et des chômeurs augmenteront également. L’AIP donne la priorité aux minima les plus éloignés de la norme de pauvreté européenne et/ou limités au revenu minimum d’intégration sociale.
Les centrales professionnelles et fédérations régionales ont répété à l’unisson qu’elles sont «satisfaites, mais pas heureuses». Satisfaites d’un accord qui permet d’engranger un mieux pour les travailleurs et les allocataires sociaux. Mais pas heureuses, la réforme de la norme salariale que prépare le gouvernement cadenasse la concertation sociale et pèse déjà sur l’AIP. Elles auraient voulu aussi des avancées en matière d’emplois de qualité et de formation. Le flou qui entoure les fins de carrière et les pensions inquiète aussi de très nombreux travailleurs.   

Relever de grands défis de société

Enfin les interlocuteurs sociaux ont pris un engagement particulièrement important: durant les prochains mois, ils vont poursuivre une véritable concertation sur des dossiers d’avenir. «L’AIP comporte des dispositions permettant de conclure des accords sur les grands défis sociétaux des prochains mois, notamment sur le burn-out ou sur l’emploi des jeunes. Et il ne faut pas oublier la relance des négociations sur le statut unique des travailleurs au cours d’une prochaine phase. Enfin, il faudra encadrer la digitalisation de l’économie et aborder les problèmes de mobilité. Il est crucial de rechercher des réponses à tous ces défis de taille» ont souligné les responsables de la CSC.  

Paix sociale

Il appartient maintenant au gouvernement d’endosser sa part de responsabilités et de mettre cet accord en œuvre rapidement, de manière cohérente et dans son intégralité. Les représentants des centrales et des fédérations ont bien insisté sur ce point, précisant que la paix sociale vaut pour tout ce qui se trouve dans l’accord.