La CSC

"Le budget wallon nous inquiète"

La CSC wallonne trouve les patrons wallons ‘old fashioned’ et attend qu’ils dépassent les attitudes sclérosées. Au gouvernement wallon, elle demande plus de transparence budgétaire. Et elle s’inquiète d’une situation budgétaire qui risque de mettre la Région en danger.
«Comme premier contre-pouvoir en Wallonie, je me suis demandé s’il fallait commencer mon intervention en chargeant d’abord le gouvernement et puis les employeurs ou en chargeant d’abord les employeurs et puis le gouvernement.» Finalement, c’est aux employeurs que Marc Becker a donné l’honneur d’être les premiers pourfendus. Dans son discours de clôture du deuxième congrès de la CSC wallonne, le secrétaire national de la CSC en charge des affaires wallonnes s’est montré très ferme, très déterminé. 

Entrer dans la modernité

Certes, les interlocuteurs sociaux wallons ont négocié un important pacte pour l’emploi et la formation durant cette mandature et Marc Becker s’en réjouit. Mais il précise: «Ce fut extrêmement compliqué et surtout dogmatiquement harassant! Je crois que la Wallonie a sans doute les employeurs les plus réactionnaires, les plus ‘old fashioned’, les moins modernes… du monde!» Il juge cette attitude incompréhensible alors que la Wallonie compte «quantité d’entreprises qui fonctionnent éminemment bien et engendrent des profits importants, des entreprises qui sont des leaders mondiaux dans leurs secteurs, des entreprises qui grandissent, qui se développent.» Il note aussi que la croissance des exportations de la Wallonie est largement supérieure à celle de ses voisins. Et il souligne qu’un réseau de PME, qui souvent sous-traitent pour ces entreprises, se développe lui aussi de plus en plus et se porte de mieux en mieux. Enfin, il note que la Wallonie a des pôles de compétitivité que le monde entier lui envie.
Marc Becker remarque que, sur le terrain, beaucoup de patrons sont plus ouverts et novateurs que les organisations qui les représentent. Ils s’interrogent donc sur leur représentativité quand elles refusent le dialogue et réagissent sur base de dogmes. Et il les interpelle: «Les travailleurs sont rentrés depuis longtemps dans la modernité… il serait temps que vous y rentriez aussi. Les investissements, les investissements en matière de recherche, les investissements en matière de formation…. Tout cela est à la traine. Or c’est cela la clé de la réussite!» 

Transparence budgétaire

Vis à-à-vis du gouvernement wallon, Marc Becker se montre mitigé. Versant positif, il y a eu les efforts pour améliorer la gouvernance, le plan Marshall 4.0, l’alliance Emploi-Environnement qui est «un concept unique au monde», la volonté de privilégier le dialogue social et de respecter les décisions des interlocuteurs sociaux wallons. Pour autant, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes.
La première inquiétude de la CSC wallonne porte sur la situation budgétaire de la Région. «La transparence ne doit pas concerner que les mandats… Elle doit aussi se faire sur la situation budgétaire. En décidant en début de législature qu’il n’y aurait aucune taxe ou impôt nouveau le gouvernement wallon s’est trompé de A à Z. D juste de les appliquer justement à celles et ceux qui en sont redevables: les plus riches, les plus pollueurs, les plus profiteurs, les plus exploiteurs…, affirme Marc Becker. Si ce gouvernement wallon était rentré dans cette dynamique, il n’aurait pas aujourd’hui une dette qui s’accumule et qui va se reporter sur le dos de nos enfants et qui risque surtout, à un moment donné, de freiner la Wallonie dans ses projets de développement et d’investissement.» Et il conclut: «Car c’est bien de cela qu’il s’agit. On est véritablement en danger sur le plan financier
Crédit photo: Aude Vanlathem