La CSC

Les résolutions d'actualité de la CSC wallonne

La CSC wallonne a défini sa feuille de route pour les années à venir. Mais le congrès a aussi épinglé quatre dossiers d’actualité brûlante sur lesquels elle a pris position et a demandé aux responsables politiques de prendre d’urgence des décisions. 
1. L’assurance autonomie wallonne 
La Wallonie ne peut plus la reporter! L’assurance autonomie doit être mise en œuvre sous cette législature. Marc Becker, secrétaire national en charge des affaires wallonnes, l’a souligné très nettement dans son discours de clôture et le congrès a voté une résolution d’actualité sur ce dossier. 
La CSC wallonne souligne que l’assurance autonomie doit répondre à des défis majeurs: le vieillissement de la population et l’allongement de la vie, sans négliger les autres risques de dépendance liés au handicap et aux accidents de la vie. La note cadre a été publiée en juillet 2016! Mais le montage budgétaire reste à élaborer et semble être le principal obstacle à la mise en œuvre du dispositif. 
Pour la CSC wallonne, l’assurance autonomie doit:
  • Garantir l’autonomie réelle des Wallonnes et des Wallons
  • Soutenir les aidants-proches
  • Faire travailler des prestataires de services de qualité
  • Se baser sur une financement réaliste à la hauteur des enjeux
  • Etre évaluée deux ans après sa mise en place pour mesurer si le financement prévu est suffisant, si les bénéficiaires sont satisfaits des services et si les conditions de travail du secteur se sont améliorées. 

2.La lutte contre le dumping social

Au début du mois de mai, des perquisitions ont été effectuées au sein du groupe de transport Jost et plusieurs dirigeants ont été mis en détention préventive avec des chefs d’inculpation très graves.
La CSC wallonne se félicite des premiers résultats d’une politique de contrôle plus systématique. 
Construction, viande, Horeca, nettoyage, gardiennage… Chaque secteur a développé son système –légal, semi-légal ou illégal- pour comprimer les coûts liés au travail et aux cotisations sociales ou fiscales. Dans le dossier Jost, comme dans de nombreux autres, les centrales professionnelles de la CSC dénoncent depuis longtemps et continuent à dénoncer des conditions de travail et de vie (transport, logement…) indignes d’êtres humains. Ce dumping social met en péril l’état social, le statut et l’emploi des travailleurs de Belgique. 
La CSC wallonne demande aux gouvernements wallon et fédéral de faire pression pour que:
  • Les règles de détachement soient inversées. Pour tout travailleur occupé en Belgique, les cotisations sociales doivent être payées en Belgique. S’il s’agit d’un détachement correct et que les cotisations sont dues dans le pays d’origine, elles feront l’objet d’un règlement entre les services de l’ONSS et le pays d’origine du travailleur détaché.
  • Le détachement des travailleurs et des indépendants doit être limité à six mois au terme desquels une nouvelle demande doit être introduite. La présence des travailleurs détachés doit être mieux contrôlée, notamment par un enregistrement obligatoire des présences. 
  • Le client/maître d’ouvrage et l’entrepreneur principal doivent être conjointement et solidairement responsables de tous les salaires et de tous les avantages qui résultent des conventions collectives de travail rendues obligatoires qui doivent être pleinement appliqués aux travailleurs des sous-traitants.  
Les gouvernements doivent investir davantage dans des services de contrôle/d’inspection nombreux et performants. Ce qui est bon pour les travailleurs de Belgique est bon pour les travailleurs étrangers et inversement.

3. Accords du secteur non marchand

Les politiques d’austérité sortent leurs effets en termes d’emploi et d’inclusion et les dégâts sont lourds. Le non marchand, dont les opérateurs émanent tant du secteur public que privé, présente des solutions où la santé, le social et la culture… permettent à chacun/chacune de trouver une place.
Depuis des années les différents gouvernements (fédéraux, régionaux, communautaires) mettent sous pression les budgets des secteurs non marchand privés et publics. Alors que les besoins augmentent, les services aux personnes n’arrivent plus à répondre aux demandes et les conditions de travail empêchent les professionnels à rendre un service de qualité. 
La CSC wallonne soutient la volonté des travailleurs des secteurs non marchand, privé et public, d’obtenir grâce à la conclusion d’un accord non marchand avec le gouvernement wallon les moyens suffisants pour négocier la réduction collective du temps de travail avec embauche compensatoire et sans perte de salaire. Dans un secteur majoritairement féminin, cette revendication permet de créer de l’emploi, d’améliorer le bien-être au travail et la compatibilité entre la vie professionnelle et la vie privée. Les moyens financiers existent puisque le saut d’index et le tax shift ont libéré des sommes importantes. C’est donc une question de volonté politique à tous les niveaux (local, provincial et régional).

4. Suivi du CETA

La CSC wallonne reste mobilisée vis-à-vis des accords commerciaux actuels. Même si elle se félicite des résultats obtenus par le gouvernement wallon vis-à-vis du CETA, elle considère que cet accord reste dangereux. Elle continuera donc à pousser le parlement de Wallonie à le rejeter. 
La CSC wallonne restera également mobilisée vis-à-vis d’autres accords dangereux, notamment le JEFTA (UE-Japon) dont les négociations sont très avancées, le TTIP et le TISA dont les négociations pourraient reprendre rapidement. 
La CSC wallonne demande qu’une concertation tripartite (interlocuteurs sociaux et gouvernement wallon) sur ces accords s’organise au sein du CESW (Conseil économique et social de Wallonie) à propos de ces projets d’accords, et ce dès les premières étapes d’élaboration des mandats de négociation au sein de l’Union européenne.