La CSC

En Belgique, les salaires restent à la traîne

La CSC l’avait annoncé et dénoncé, aujourd’hui c’est confirmé: les travailleurs ne ressentent toujours pas les effets de la reprise économique. Et c’est pire en Belgique qu’ailleurs. Chez nous, les travailleurs ont perdu 0,94% de leur salaire en 2016. 
Chaque fois qu’ils font leurs courses, les travailleuses et travailleurs belges constatent que leur rémunération ne leur permet plus d’acheter autant qu’avant. En effet, «la Belgique est le seul pays de l’Union européenne où les salaires réels ont diminué en 2016. Les travailleuses et les travailleurs belges ont perdu 0,94% de leur salaire.» Ce constat est tiré de l’étude 2017 réalisée, comme chaque année, par l’Institut syndical européen (Etui) et la Confédération européenne des syndicats (CES), qui analysent les politiques de l’Union européenne dans les domaines des politiques macro-économiques, de l’évolution du marché du travail et des politiques sociales, des salaires, de la négociation collective, du dialogue social et de la participation des travailleurs (1). L’étude prend en compte des données statistiques et comparatives tirées de diverses sources institutionnelles.

L'énergie trop chère

D’où vient cette érosion de 0,94%? Les travailleurs belges ne sont pas mal payés et leurs salaires ont légèrement augmenté en 2016. Malheureusement, cette hausse ne suffit pas à compenser l’inflation qui a significativement progressé. En cause: les prix des télécommunications, bien plus élevés dans notre pays que dans les pays voisins, et de l’énergie dont les prix ont explosé. Le gouvernement a porté la TVA sur l’énergie à 21% (alors que le gouvernement précédent l’avait fixée à 6%) avec des effets très négatifs sur le budget des ménages. À cet égard, les derniers chiffres du «Baromètre de la précarité énergétique » sont éloquents. Une famille belge sur cinq a du mal à payer ses factures de gaz ou d’électricité, ou ne peut tout simplement pas le faire. Et 3,9% des ménages vivent une «précarité cachée», ce qui signifie qu’ils ne consomment pas suffisamment d’énergie pour rencontrer leurs besoins de base, par peur de ne pouvoir payer davantage. 

Le poids du saut d’index 

Par ailleurs, le prix d’un certain nombre de produits ménagers a augmenté plus rapidement que les salaires. En cause, cette fois: le saut d’index de 2% décidé par le gouvernement Michel. Cette mesure a empêché l’adaptation des salaires au coût de la vie et a freiné la consommation des ménages, limitant ainsi l’augmentation de la consommation privée. Au grand dam des familles… et au grand dam des commerçants. De plus, les effets négatifs d’un saut d’index se prolongent durant toute la vie des travailleurs qui le subissent, puisqu’il n’est jamais rattrapé et fait sentir ses effets jusque sur la pension des personnes concernées… 
Enfin, il y a eu le «tax shift» (glissement fiscal) également décidé par le gouvernement et qui a fait perdre de l’argent à la plupart des citoyens (2). À plusieurs reprises, les militants et affiliés de la CSC ont dit et manifesté leur opposition à la manière dont le gouvernement l’avait réalisé: aux dépends des travailleurs et au bénéfice des plus nantis. L’équipe de Charles Michel a obstinément fait la sourde oreille. Le rapport de l’Etui et de la CES montre une nouvelle fois combien ce tax shift a été injuste et négatif.
(1) «Benchmarking working Europe 2017», à consulter sur www.etui.org.
(2) Utilisez notre calculateur