La CSC

Des économies sur le dos des malades

Le 31 mars dernier, le gouvernement a décidé d’instaurer à l’avenir trois types de sanctions :
  • A l’égard des malades de longue durée qui, pendant leur maladie, ne répondent pas au questionnaire du médecin-conseil de la mutuelle : leur allocation est réduite de 5 %.
  • Vis-à-vis des malades de longue durée qui ne se présentent pas à un entretien de réintégration : leur allocation est réduite de 10 %.
  • Contre les mutuelles qui ne remettent pas au travail un nombre suffisant de malades : leurs frais administratifs sont diminués.
Dans le même temps, le gouvernement a renoncé à son projet initial qui visait à obliger les employeurs à payer temporairement une partie de l’indemnité de maladie. Il avait déjà abandonné précédemment l’idée, émise dans l’accord de gouvernement, d’accorder aux malades un deuxième mois de salaire garanti. Aujourd’hui, il prévoit, uniquement pour les grandes entreprises, un système très complexe d’amendes imposées aux employeurs récalcitrants. Dans la pratique, on peut s’attendre à ce que ce système ne donne aucun résultat.

La CSC est scandalisée par la décision du gouvernement.

Cette décision est contraire à l’accord national que les employeurs et les travailleurs avaient conclu en 2015 et que le gouvernement avait accepté. Selon cet accord, qui a entre-temps été fidèlement transposé dans de nouvelles règles et législations, la réintégration des malades ne pouvait se dérouler que sur une base volontaire. Le gouvernement apporte des modifications à une réglementation à peine finalisée, parce qu’il doit rapidement trouver de l’argent.
La réintégration des malades de longue durée est un exercice délicat, dans le cadre duquel une fonction totalement différente peut être proposée, ce qui peut impliquer une modification des barèmes, des conditions de travail et des avantages financiers. Il est dangereux d’intervenir à ce niveau en brandissant la menace de sanctions à l’encontre des malades.

Opportunités pour les travailleurs malades? Une approche volontaire sinon rien!

La CSC est disposée à contribuer à offrir des opportunités aux travailleurs malades désireux de reprendre le travail. Toutefois, cette démarche ne peut être entreprise que sur une base volontaire !
La démarche doit être volontaire:
  • Les travailleurs malades doivent pouvoir prendre le temps nécessaire à leur guérison.
  • On ne peut pas être contraint de reprendre le travail pendant sa convalescence.
  • La reprise du travail doit être médicalement justifiée.
  • Le travail adapté est un arbitrage délicat entre ce qui est bon pour le travailleur et ce qui est faisable pour son employeur et ses collègues.
  • Les médecins du travail ne doivent pas jouer aux gendarmes, mais bien être des médecins de confiance.
  • On ne peut pas pénaliser des malades pour une erreur administrative commise pendant leur convalescence.
Les délégués CSC plaideront, lors de la concertation avec leur employeur, pour une démarche volontaire
  • Pour ceux qui en formulent eux-mêmes la demande, nous nous mobiliserons pour qu’ils puissent avoir un travail adapté sur mesure lorsque c’est possible : adaptation des postes de travail, aides techniques, adaptation des horaires de travail, modification des tâches, changement de régime de travail, négociations des conditions salariales.
  • Les collègues victimes d’un accident du travail, d’une maladie professionnelle reconnue ou d’une affection professionnelle sont pour nous prioritaires pour l’octroi d’un travail adapté.
  • Nous demandons que toutes les rencontres entre le médecin du travail et le travailleur qui se déroulent à la demande de ce dernier aient lieu dans la plus grande discrétion et de manière strictement confidentielle.
  • Nous voulons que les travailleurs déclarés définitivement inaptes pour leur travail initial puissent bénéficier de réelles opportunités d’exercer un autre emploi.
  • Nous voulons éviter que le travail rende les gens malades : la prévention avant tout !
La CSC sera également particulièrement attentive aux travailleurs d’entreprises sans représentation syndicale et au sort des travailleurs sans emploi.