La CSC

Des services publics dans la dèche? Ça n’va nin!

En Wallonie, le gouvernement suit le modèle du fédéral. Austérité + austérité = citoyens écrasés, «spotchis». La précarité va croissant. Pour la CSC wallonne, «Ça n’va nin»! Elle a lancé une campagne de sensibilisation qui durera six mois et avance ses propositions. Après les pensions, les flexi-jobs et la situation des jeunes, ce sont les services publics qui se trouvent sous la loupe.
En septembre dernier, la CSC wallonne a interpellé le gouvernement et lui a indiqué les balises à ne pas franchir. Il n’en a guère tenu compte! Les craintes émises à la rentrée se sont donc amplifiées: budget mal ficelé, manque de clarté de l’assurance autonomie, gel de la réforme des aides publiques à l’emploi (APE), mise en œuvre d’un service minimum dans les transports en commun… Le gouvernement fait sauter les sécurités les unes après les autres. À ces dossiers wallons, il faut ajouter la poursuite de la réforme des pensions au niveau fédéral. Cela fait beaucoup à supporter pour les Wallonnes et les Wallons!
Pour la CSC wallonne, ça n’va plus, ça n’va nin et il n’est pas possible de continuer ainsi sans provoquer une véritable casse sociale. Sa campagne de sensibilisation dresse un état des lieux de diverses réalités, décortique les mesures que la CSC dénonce et propose des alternatives aux politiques actuelles.

Des conditions indignes

Aujourd’hui, les services publics sont sous-financés et les personnels doivent travailler dans des conditions indignes. Ça n’va nin! La CSC veut des services publics de qualité, accessibles à tous et toutes et correctement financés.
Partout, les services publics sont sous-financés. Les gouvernements fédéral et wallon n’ont que le mot «privatisation» à la bouche. «Avant, nous étions sur la brèche, maintenant nous sommes dans la dèche» déplorent ensemble les travailleurs de la Justice, des soins de santé, des transports publics, de l’enseignement, mais aussi les pompiers, l’armée et la police, etc. Quant aux statuts de tous ces personnels, ils sont de plus en plus écornés.    

Tous concernés

Cet état de fait pénalise l’ensemble des citoyens. Chacun, chacune est concerné. En effet, la finalité des services collectifs est de garantir à l’ensemble des citoyens d’exercer effectivement leurs droits fondamentaux: protection sociale, santé, enseignement et formation, logement, mobilité, énergie… C’est aussi de favoriser une société plus égalitaire, d’assurer la cohésion sociale et de lutter contre la pauvreté. C’est ce qu’affirmait clairement une ligne de force (la LF 14) votée lors du congrès wallon de 2017.
La CSC wallonne souhaite aussi que les services collectifs soient de véritables «acteurs économiques» et pas uniquement des fournisseurs de services. Pour cela, il faut réguler certains secteurs économiques et éviter le recours au secteur privé quand les missions à réaliser relèvent clairement du secteur public ou du non marchand ou qu’ils les effectuent déjà, comme c’est le cas pour les transports publics, l’enseignement, l’accompagnement des chercheurs d’emploi… 

Quatre priorités

Pour la CSC wallonne, le rôle des services publics est donc essentiel. Ils constituent en effet des leviers indispensables pour une société plus juste, plus égalitaire et plus démocratique. Dès lors, il incombe aux pouvoirs publics – aux Régions, à l’Ẻtat fédéral- d’assurer leur bon fonctionnement et, pour cela, de les financer correctement et d’assurer à leurs personnels des conditions de travail et des retraites dignes. 
Pour y parvenir, la CSC wallonne défend trois priorités essentielles. Les responsables politiques doivent de toute urgence:
  • Cesser de considérer les équipements et services collectifs comme un coût et les considérer comme un investissement de la société dans des domaines vitaux qui méritent d’être protégés.
  • Refuser le service minium et mettre en place des conditions de travail qui permettent d’assurer un service maximum.
  • Maintenir les droits acquis dans les pensions du secteur public.
  • Refuser la privatisation de la dernière banque publique en Belgique: en maintenant Belfius publique, finançons l’économie et pas la spéculation!