La CSC

Légiférer contre la violence au travail

Le Bureau international du travail (BIT) l’écrivait déjà en 2006: «La violence au travail, l’intimidation, les menaces de collaborateurs psychologiquement instables, le harcèlement sexuel et l’homicide, augmentent dans le monde entier pour atteindre même des niveaux épidémiques dans certains pays.»
Le constat n’est donc pas nouveau, mais les différents scandales de violence sexuelle rappellent l’urgence de légiférer pour enrayer un fléau de portée internationale. Les professions autrefois considérées comme à l’abri de ce genre de violence, comme l’enseignement ou les services médicaux, sont désormais exposées à une violence croissante, tant dans les pays en développement que dans les pays industrialisés, dit le BIT.
Cette urgence, la Conférence internationale du travail l’a bien comprise, puisqu’elle axe les travaux de sa 107e session sur cette question, du 28 mai au 8 juin, à Genève. Plusieurs normes actuelles de l’Organisation internationale du travail abordent de manière limitée la question de la violence au travail, tandis que d’autres normes, sans traiter directement de la violence et du harcèlement, fournissent les éléments d’un cadre réglementaire. Mais il n’est pas encore question d’une recommandation ou d’une convention. C’est pourtant ce que réclament les syndicats depuis plusieurs années.
L’Union européenne (y compris le gouvernement belge) est en faveur d’une convention, même si certains pays préféreraient que le nouvel instrument soit moins contraignant et prenne la forme d’une simple recommandation.
Les discussions ne sont pas simples, mais si elle est adoptée, cette convention sera un signal fort pour rappeler à tous les gouvernements de la planète que la violence n’a pas sa place au travail, et que les États et les entreprises doivent prendre des mesures de prévention et de protection à l’égard des victimes et des sanctions envers les agresseurs.
Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC,
Marc Leemans, président de la CSC