La CSC

Partir un peu plus tôt avec moins de pension

Scanner des articles jusqu’à 67 ans ? Enseigner devant une classe surpeuplée jusqu’à 67 ans ? Soulever des sacs de ciment jusqu’à 67 ans ? Travailler de nuit jusqu’à 67 ans ? Le gouvernement Michel a porté l’âge du départ à la pension à 67 ans. Les conditions pour bénéficier de la pension anticipée, des emplois de fin de carrière, du RCC (prépension) et du crédit-temps ont également été rendues plus strictes. La promesse de rendre le travail plus tenable n’a, par contre, pas été tenue, pas plus que celle d’accorder aux travailleurs qui ont exercé un métier lourd le droit de partir plus tôt à la pension.
La vision du gouvernement est simple. Si vous répondez à l’un ou plusieurs des quatre critères, vous pourrez travailler moins longtemps, mais alors le montant de votre pension sera moins élevé. Pour ce faire, le gouvernement est occupé à établir une liste des métiers qu’il considère comme pénibles.
S’arrêter de travailler plus tôt en raison de la pénibilité de son métier ne sera donc pas sans conséquence. Cela signifiera en effet une pension moins élevée puisque moins d’années seront prises en compte dans le calcul de la carrière. Par ailleurs, le gouvernement a prévu un « bonus pension » pour ceux qui décideraient de poursuivre leur carrière dans une fonction pénible. Autrement dit, avec ce projet, le travailleur devra négocier le prix de sa santé pour bénéficier d’une pension plus élevée.
Si vous répondez à un ou plusieurs des quatre critères, vous pourrez partir en pension anticipée au plus tôt à 60 ans aux conditions suivantes :
  • 44 années de carrière dans le système général de pension anticipée
  • 42 années de prestations effectives dans le cadre d’un travail pénible dans une catégorie
  • 40 années de prestations effectives dans le cadre d’un travail pénible dans deux catégories
  • 38 années de prestations effectives dans le cadre d’un travail pénible dans trois catégories.

Les points problématiques du projet du gouvernement 

Le projet du gouvernement contient plusieurs points problématiques. La « pénibilité de nature mentale ou émotionnelle » n’est considérée que comme un critère « aggravant », alors que le stress au travail engendre un nombre de plus en plus important de burnouts et autres maladies professionnelles.
Le critère relatif à l’organisation du travail est quant à lui beaucoup trop restrictif, car il ne tient pas compte des horaires de travail extrêmement contraignants.
Le gouvernement prévoit également trop peu de budget pour permettre un régime des pensions décent. Cela a pour conséquence que celui qui doit s’arrêter de travailler plus tôt, justement parce qu’il exerce un métier lourd, a une carrière incomplète et donc une pension plus basse.
Le gouvernement veut verrouiller sa liste des métiers pénibles. Conséquence : de nombreux métiers pourtant pénibles ne seront pas reconnus en tant que tels.
Il est hors de question que les travailleurs soient pénalisés lorsqu’ils exercent un travail pénible. Ils devraient au contraire être valorisés. Le gouvernement doit tenir sa promesse. Il faut d’urgence établir de façon concertée un régime des pensions qui soit juste pour les personnes exerçant un travail pénible.
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